Le contenu informatif

La France vinicole : présentation

  • À tout seigneur, tout honneur, c’est à la France que revient le droit, légitime, de briser la glace en tant que premier pays à faire partie d’une longue série de documents produits pour le site lecyber-sommelier.com. Avant de commencer à parler des différentes régions viticoles françaises, commençons par tracer un portrait général et global de celle-ci. Au cours des prochains mois, les différentes régions viticoles de la France seront décrites en détail, et ce, de façon séparée.
  • Tout d’abord, vous l’avez lu probablement dans le document sur l’histoire du vin, la France n’est pas le berceau de la vigne ni du vin, mais son importance pour le monde vinicole n’a aucun égal sur la planète car c’est dans ce pays, plus que nulle part ailleurs que le vin, surtout en ce qui concerne les vins fins, a pris son envol. D’année en année, la France arrive au premier rang au chapitre des pays producteurs de vin à égalité avec l’Italie. Ce qui frappe avant toute chose dans ce pays, c’est la diversité et la grande variété de vins qu’on y produit. De plus, chacune des régions a sa spécialité, son originalité, sa typicité et sa propre personnalité, ce qui fait qu’elles sont facilement identifiables et bien distinctes l’une de l’autre. Ce n’est pas sans raison que les noms des différentes régions vinicoles françaises évoquent quelque chose de particulier à nos oreilles lorsqu’elles sont prononcées. La Champagne est reconnue pour ses merveilleux mousseux, Bordeaux pour ses vins rouges fins et ses grands liquoreux, la Bourgogne pour ses grands vins blancs, la Vallée du Rhône pour ses rouges juteux et charpentés, etc. Si le portrait de la France est ce qu’il est aujourd’hui, c’est dû surtout au fait que ce pays a compris depuis longtemps l’importance que représente le fameux triangle de la qualité c’est-à-dire le cépage/le terroir/le travail de l’homme. Les traditions, souvent vieilles de plusieurs siècles, se sont transmises de génération en génération et c’est justement sur cela que les bases des appellations d’origine sont nées. En se basant sur ce que le législateur (l’INAO) appellera « de bons usages loyaux et constants » celui-ci déterminera des règles à suivre pour chacun des paliers d’appellation. Avant de parler en détail de chacune des régions de la France vinicole il m’apparaît important de débuter en dressant un portrait législatif de celle-ci afin de comprendre son fonctionnement.

Les Appellations d’origine contrôlée

L’INAO (Institut National des Appellations d’Origine), organisme possédant tous les droits législatifs en matière de vin en France a été créé en 1935 et a consacré ses premières AOC (Appellations d’Origine Contrôlée) en 1936. Elle a imposé une façon de faire qui servira de modèle à plusieurs pays lorsque vint le temps, à leur tour, de légiférer en la matière. Elle impose et oblige aux viticulteurs des normes minimales très strictes, basées, comme je l’ai écrit plus haut, sur « de bons usages loyaux et constants » qu’ils doivent suivre à la lettre s’ils veulent que leurs vins bénéficient de l’appellation à laquelle ils prétendent. De plus, les produits revendiquant une Appellation d’origine contrôlée doivent se soumettre à un agrément organisé sous la responsabilité de l’INAO notamment un examen analytique et un examen organoleptique.

Mais qu’est-ce qu’une AOC? C’est sur le site de l’I.N.A.O. que j’ai trouvé la meilleure définition : La mention A.O.C. identifie un produit agricole, brut ou transformé, qui tire son authenticité et sa typicité de son origine géographique. Cette mention vise donc à protéger une notoriété dûment établie.

On compte 473 appellations d’origine contrôlée soit 43,9 % de la production française à l’exception des Cognac et Armagnac. Cela représente 11,7 milliards d’euros seulement pour les vins dont 80 % sont exportés, c’est-à-dire 81 % de la valeur viticole française totale.

Pour qu’une appellation d’origine soit reconnue, il y a plusieurs étapes à franchir. Premièrement, ce n’est pas l’I.N.A.O. qui décide du jour au lendemain d’accorder le droit à un produit de bénéficier d’une appellation d’origine. Il faut, dans un premier temps, que l’initiative vienne des producteurs eux-mêmes et qu’ils fassent une demande en ce sens. Cette demande initiale de reconnaissance en AOC doit répondre à un plan bien précis visant à identifier clairement le produit. Les initiateurs doivent faire une présentation de la production actuelle et démontrer que celle-ci a un lien direct avec le milieu géographique d’où elle provient. Ces producteurs doivent également identifier l’aire géographique de production, démontrer les conditions de production et les méthodes d’obtention du produit et faire une proposition d’un plan concernant les contrôles de la production.

Cette demande n’est qu’une première étape menant à une reconnaissance d’une appellation. Suite au dépôt de la demande, un comité national est mandaté pour examiner celle-ci. Une commission d’enquête se rend sur le terrain afin de rencontrer les demandeurs et tous les intervenants. Elle étudie le produit sans négliger aucun détail. Elle examine les conditions de production dans tous ses aspects qu’ils soient économiques, juridiques, sociologiques ou techniques. Elle échangera ses informations avec le comité national et suite à cette enquête, la commission produira un rapport et se prononcera en faveur ou non de la reconnaissance de l’appellation. Advenant une décision favorable, cette commission d’enquête poursuivra ses travaux et fixera avec les demandeurs les conditions de production de l’appellation. Elle fera appel à des experts extérieurs à l’I.N.A.O. (géologues, pédologues, historiens, etc.) afin de définir l’aire de production. Suite à une série de rapports d’étape fournis par la Commission d’Enquête, le Comité National approuvera le rapport définitif et reconnaîtra la capacité du produit à bénéficier d’une appellation d’origine contrôlée. Il approuve en pratique un projet de décret de reconnaissance en appellation d’origine contrôlée. Voici donc un résumé des différentes étapes menant à une reconnaissance d’une A.O.C. (source : site officiel de l’I.N.A.O.) :

Reconnaissance d'une A.O.C.

(Comité National des Produits Laitiers et Comité National des Produits Agro-Alimentaires autres)

Demande syndicale

---- 
Services de l’I.N.A.O. (centre local)

---- 
Comité National compétent :
Nomination d’une Commission d’Enquête
Composée de membres du comité National, professionnels
Traditionnellement choisis en dehors de la région concernée

---- 
Rédaction d’un rapport
Se prononçant sur la demande
Orientations sur les conditions de production et l’aire géographique

---- 
Comité National :
Présentation du rapport

---- 
Avis sur le principe de reconnaissance en AOC :
Approbation ou Ajournement ou Refus

---- 
Nomination d’une Commission de délimitation

---- 
Rapports d’étape concernant les travaux de délimitation et de définition des conditions de production

---- 
Comité National :
Approbation de la délimitation
Approbation du projet de décret rédigé par les services de l’I.N.A.O.

---- 
Transmission des projets de décrets aux Ministères de tutelle
pour signature et publication au journal officiel
et
transmission du cahier des charges A.O.P. accompagné de la fiche résumée
aux services de la Commission Européenne.

 

La pyramide des appellations françaises

La pyramide de bas en haut

La France vinicole se divise en deux grandes catégories; les vins de table et les Vins de Qualité Produits dans des Régions Déterminées (VQPRD). Dans la première catégorie, nous retrouvons les vins de table proprement dits et les vins de pays. Dans la deuxième catégorie nous retrouvons les Appellations d’Origine Vin De Qualité Supérieure (AO-VDQS) et les Appellations d’Origine Contrôlée. Ces deux dernières catégories sont contrôlées et réglementées par l’INAO.

Les vins de table : La mention vin de table français concerne les vins produits sur le territoire français qu’ils soient issus d’une même région ou de vins de régions différentes. S’ils se composent d’un assemblage de vins issus de différents pays de la Communauté européenne ils porteront la dénomination « mention de vins de différents pays de la Communauté européenne ». En revanche, les assemblages avec des vins provenant de pays étrangers à la Communauté européenne sont strictement interdits.

Les vins de pays : Par définition, un vin de pays est un vin de table personnalisé par une provenance géographique. Le vin doit provenir uniquement de la zone géographique dont il porte le nom. Les règles sont plus strictes que celles imposées pour les vins de table et les conditions de productions sont fixées par décret. Celles-ci concernent les rendements maxima, le degré alcoolique minimum et maximum, l’encépagement et les normes analytiques.

Les vins de pays se divisent en trois catégories :

1- Vins de pays à dénomination départementale : Concerne les vins issus d’un département déterminé et sa production est régie par un décret.

2- Vins de pays à dénomination de zone : Concerne les vins issus d’une zone de production définie c’est-à-dire une zone restreinte pouvant correspondre à plusieurs cantons, une vallée ou une commune. Les normes de production sont plus restrictives que pour les vins à dénomination départementale.

3- Vins de pays à dénomination régionale : Concerne les vins issus de cinq zones de production et régies par un décret spécifique. Les règles de productions sont plus restrictives. Ces cinq zones sont les suivantes :

- Vin de Pays d'Oc : Région Languedoc-Roussillon

- Vin de Pays du Jardin de la France : Région Val de Loire

- Vin de Pays du Comté Tolosan : Région Midi-Pyrénées

- Vin de Pays des Comtés Rhodaniens : Région Rhône-Alpes

- Vin de Pays Portes de Méditerranée

Les AO-VDQS : Appellation d’Origine Vin de Qualité Supérieure. Il s’agit d’une appellation intermédiaire entre les vins de pays et les AOC. En fait, on pourrait dire qu’il s’agit d’une AOC en devenir. Les règles sont plus strictes que pour les vins de pays et se rapprochent de celles imposées pour les AOC.

Les AOC : Le sommet de la pyramide. Les AOC sont caractérisées par une délimitation parcellaire. Les vins doivent satisfaire aux conditions de production déterminées par l’INAO et sont officialisées par décret de production. Les règles sont plus strictes que pour les AO-VDQS. Il existe 473 AOC à travers toute la France réparties dans douze régions bien distinctes :

- Alsace – Lorraine

- Bordeaux

- Bourgogne

- Champagne

- Corse

- Jura

- Languedoc – Roussillon

- Loire et Centre

- Provence

- Savoie – Bugey

- Sud – Ouest

- Vallée du Rhône

 

Haut de page

Pour accéder aux publications précédentes cliquez ici     Pour voir mes plus récents livres en librairie, cliquez ici.

Jean-Louis Doucet
de Votre cyber-sommelier



© Tous droits réservés / All rights reserved        lecyber-sommelier.com