La chronique vinicole

Des suggestions de vins à prix modiques pour le temps des fêtes

Noël et le jour de l’an sont à nos portes et pour l’occasion, quoi de mieux que du bon vin. Que ce soit pour offrir en cadeau ou pour accompagner la tourtière et la dinde, l’important est de bien choisir le bon vin selon la circonstance. Donc, dans les lignes qui suivent, vous trouverez des conseils pour diverses occasions.

À l’apéritif ou au cocktail avec des canapés : Le temps des fêtes est l’occasion idéale pour sortir les bulles. Évidemment, le Champagne est sans contredit le mousseux par excellence. Toutefois, il existe des mousseux de qualité qui valent la peine qu’on s’y attarde.

Ackerman, X Noir, mousseux rosé, France, Code SAQ : 11315251, Prix : 19,05 $
Ne serait-ce que pour faire différent, voici un vin mousseux tout à fait charmant, élaboré à base de chenin noir, qu’on appelle aussi pineau d’aunis (ou est-ce l’inverse ?). C’est de Saumur, dans la vallée de la Loire qu’il provient. Vous épaterez vos invités, ou vos hôtes, avec sa bouteille noire et son étiquette rose. Mais c’est surtout avec son contenu que vous les charmerez. Dévoilant une robe couleur rose saumon, il dévoile au nez un bouquet expressif d’où émanent des notes de fraise et de baies des champs s’accompagnant de nuances florales et d’épices. La bouche est toute en fruit, fraîche et ample. Parfait pour accompagner les canapés de saumon fumé ou autres amuse-bouche à base de jambon.

Crémant de Limoux, Cuvée Expression, Antech, Brut, 2008, France, Code SAQ : 10666084, Prix : 18,45 $
Le moins que l’on puisse dire à propos de ce vin est qu’il est surprenant. Il fut un de mes coups de cœur lors d’une dégustation impliquant des mousseux de toutes provenances. Élaboré à base de 60 % de chardonnay, de 20 % de chenin blanc et de 20 % de mauzac, il est tout sauf ordinaire. Arborant une robe jaune paille avec des reflets verts, il offre un joli nez marqué par de délicates nuances de fleurs blanches, de pomme verte, de pain grillé et de miel. En bouche, la mousse est relativement abondante et crémeuse tout en offrant une agréable fraîcheur. Les saveurs de pomme verte dominent. Idéal à l’apéritif, avec des fromages légers ou avec des hors-d’œuvre.

La dinde, la tourtière et les atacas : Difficile de ne pas penser au temps des fêtes sans évoquer la dinde et la tourtière. Souvent servies ensemble, la dinde et la tourtière peuvent sembler assez dissemblables pour certains. Sauf dans le cas de la véritable tourtière du Lac Saint-Jean, qui est beaucoup plus goûteuse que le pâté à la viande que la plupart d’entres-nous connaissons, la dinde et la tourtière se rejoignent en termes d’accord mets et vins. Dans le cas de la tourtière, le mélange d’épices comme le clou de girofle et la cannelle entre autres et le fait que la viande soit servie bien cuite, cela nous mène vers des accords où le pinot noir est à l’honneur. En ce qui concerne la dinde, surtout si elle est servie avec les atacas (canneberges), le pinot noir est encore une fois le vin à privilégier. Le pinot n’est pas la seule option. Un Barbera d’Alba ou un Valpolicella pas trop costaud par exemple, peut très bien se marier avec ces plats.

Pinot noir, Kim Crawford, Marlborough, Nouvelle-Zélande, 2008, Code SAQ : 1075244, Prix : 21,75 $
Certainement un de mes pinots préférés. Très fruité, séduisant, expressif, marqué par des nuances de framboise et de cerise ainsi que des notes d’épices douces. Il est doté d’une bonne structure en bouche avec des tannins soyeux et une agréable acidité. Se mariera à merveille avec les saveurs d’épices de la tourtière en plus d’être un excellent faire-valoir de la dinde, surtout si elle est accompagnée d’atacas.

Valpolicella, Rio Albo, Ca’Rugate, Italie, Code SAQ : 10706736, Prix : 15,85 $
Voici un Valpolicella sommes toutes assez léger, tout en fruit, bien fait et représentant un excellent rapport qualité-prix. Doté d’une robe moyennement profonde et limpide. Le nez est nuancé avec des notes de petits fruits rouges confits, de confiserie et d’épices douces. La bouche est sapide et ronde. Les saveurs fruitées dominent l’ensemble. Une de ses plus grandes qualités, outre son prix avantageux, est son côté digestible. Il sera à son meilleur avec la tourtière, mais aussi avec la dinde surtout si cette dernière est servie avec une sauce goûteuse.

Le six-pâtes et la tourtière du Lac Saint-Jean : Ceux qui ont déjà eu la chance de goûter à la « vraie » tourtière, celle du Lac comme on dit dans ce coin de pays, savent que cela n’a rien à voir avec le pâté à la viande que la plupart d’entre nous connaissent sous le nom de tourtière. Plus goûteuse, mais aussi plus lourde et opulente, cette tourtière ainsi que le six-pâtes, commande un vin plus costaud. Des vins expressifs, qui ont de la chair, mais aussi des vins dont on retrouve des nuances de garrigue et d’épices telles que le poivre seront à privilégier. On retrouve ce type de vins dans le sud de la France, dans le Languedoc, en Provence et dans le Rhône. Certains vins de la région de Bordeaux feront également bon ménage avec ces plats typiquement de chez-nous. Voici quelques suggestions :

 

Château de Pennautier, Terroirs d’Altitude, Cabardès, 2007, Code SAQ : 914416, Prix : 17,25 $
Ce vin me surprend par sa qualité à tous les coups. Il s’agit certainement d’un des meilleurs achats toutes catégories à la SAQ. Doté d’une robe dense et profonde, il dévoile un bouquet riche et expressif d’où émanent des notes de fruits noirs bien mûrs, de garrigue et de bois avec en toile de fond des nuances de sous-bois évoquant son terroir d’origine. En bouche, il se révèle d’une belle ampleur avec des tannins bien sentis, mais sans aucune lourdeur ni surextraction.

Côtes du Rhône-Villages, Ortas, Prestige, France, 2006, Code SAQ : 952705, Prix : 21 $
La cave coopérative de Rasteau nous présente avec ce vin un produit d’une grande qualité. Déjà à l’œil, il nous invite avec sa robe dense et profonde, presque noire. Le nez est expressif avec des notes bien appuyées de poivre, de fruits noirs bien mûrs, de cassis et de mûre surtout, de nuances boisées et de réglisse noire. La bouche est pulpeuse avec une trame tannique reposant sur de bonnes assises. Les saveurs de fruits dominent l’ensemble et sont accompagnées de flaveurs d’épices et de poivre en finale.

Merlot, Forest Glen, Californie, 2009, Code SAQ : 708263, Prix : 18,85 $
Moins costaud que les deux derniers, bien qu’il s’agisse d’un vin doté d’une bonne structure. Il sera en parfait équilibre avec les plats goûteux que sont le six-pâtes et la tourtière du Lac Saint-Jean. Le nez est aromatique avec une dominance de notes boisées et de fumée, de prune et de vanille. On y perçoit aussi des parfums rappelant la pâtisserie. La bouche est pulpeuse, mais sans lourdeur. Sa structure tannique ainsi que son caractère assumé feront contrepoids à l’opulence et à la texture grasse des deux plats.

La bûche de Noël : De nos jours, on la présente sous plusieurs formes. On la retrouve parfois à la crème glacée, à l’érable, au moka ou au chocolat. Mais la vraie recette traditionnelle de nos grands-mères était toute simple. Il s’agissait d’un gâteau roulé constitué d’une génoise à la vanille avec à l’intérieur de la confiture aux fraises ou aux framboises et saupoudré sur le dessus de sucre à glacer. Rien à voir avec les gâteaux riches d’aujourd’hui. Mais comme il y a plusieurs variantes, j’en ai retenu deux, soit la recette traditionnelle et celle au chocolat. Voici mes suggestions pour ces deux recettes :

Bûche traditionnelle :
Select Late Harvest, Vidal, Inniskillin, Niagara Peninsula, Ontario, 2006, Code SAQ : 398040, Prix : 19,95 $ (375 ml)
Mon premier choix aurait sans doute été le icewine, cabernet franc du même producteur, mais à 90,25 $ la bouteille de 375 ml on ne parle pas véritablement de prix modique. Par contre cette vendanges tardives élaborée à base de vidal est probablement ce qui se rapproche le plus d’un vin de glace, mais à prix plus doux. Doté d’une robe dorée dense et profonde, il offre au nez un bouquet puissant d’où émanent des parfums de fruits tropicaux tels que la mangue, la mandarine, l’abricot et le melon de miel. En bouche, il est texturé et onctueux. Les saveurs fruitées explosent littéralement. La sensation de sucre est bien présente, mais l’acidité fait contrepoids créant ainsi une douce harmonie.

Bûche au chocolat :
Recioto della Valpolicella Classiso, Vigneto Fiorato, Agricola Tommasi Viticoltori, 2007, Italie, Code SAQ : 927335, Prix : 24,35 $ (375 ml)
Véritable vin de plaisirs marqué par des nuances de fruits rouges et noirs confits ainsi que des notes de cuir et de sous-bois. En toile de fond, on perçoit également des intonations de chocolat et de caramel. La bouche est pulpeuse et assez tannique, mais contrebalancée par une douceur réconfortante pour les papilles.

 

Joyeuses fêtes à tous et à toutes !

 

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Jean-Louis Doucet
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