La chronique vinicole

Des statistiques de consommation intéressantes

Dernièrement, je suis tombé sur un document très révélateur à propos des habitudes de consommation des Québécois en matière de vins et de spiritueux. Ce document, qui m’a été envoyé par les organisateurs de la Grande Dégustation de Montréal, est assez exhaustif. Il nous dresse un portrait fidèle et juste de ce que nous sommes. Voici les résultats, accompagnés de quelques commentaires de ma part.

1. Les Québécois sont les plus grands consommateurs de vin au pays. Selon les plus récentes données de Statistique Canada, ils ont acheté près de 32 % de tout le vin vendu au Canada. Ils en consomment en moyenne 22 litres par année. C’est toutefois moins que les Français qui en consomment environ 45 litres par année. Nos racines européennes et surtout françaises ne sont certainement pas étrangères à ces statistiques.

2. Les Québécois sont également les plus grands consommateurs de rouge. Ils ont acheté près de 43 % de tout le vin rouge vendu au pays en 2010.

3. Cette préférence pour les robes rubis ne fait aucun doute. Au Québec, environ 3 bouteilles sur 4 vendues à la SAQ sont des rouges (71,7 %). Viennent ensuite les blancs (23,7 %) et les rosés (4,6 %). À ce propos, je dirais qu’il y a beaucoup de travail à faire pour éduquer les gens à consommer plus de vins blancs. Personnellement, il y a de cela quelques années, je faisais comme la majorité des gens. Pour moi le vin était rouge. Mais je me suis ouvert aux blancs et depuis ma consommation de blanc versus le rouge est à peu près de 60 % rouge et 40 % blanc.

4. Les Québécois dépensent en moyenne 14,82 $ pour l’achat d’une bouteille de vin de 750 ml. Le budget annuel moyen alloué au vin est de 307 $ par Québécois de 15 ans et plus. Quand je vois une statistique pareille, je me félicite d’avoir choisi comme titre de mon guide annuel « Les meilleurs vins de 10 à 30 $ ».

5. Les vins français ont la cote ! Plus de 30 % des bouteilles vendues à la SAQ proviennent de la France. L’Italie arrive en deuxième position avec environ 23 % des parts de marché. Les États-Unis occupent la troisième position avec environ 10 % des parts de marché.

6. La production de nos voisins du Sud gagne de plus en plus d’adeptes ! Au cours de la dernière année, les vins américains ont connu une hausse fulgurante de près de 31 % de leurs ventes en litres. Une des raisons de cette hausse est certainement reliée à la qualité des vins provenant de ce pays, mais c’est surtout à cause de la parité du dollar américain avec la devise canadienne qui explique cette statistique.

7. Les Bordeaux rouges sont les vins préférés des consommateurs qui fréquentent la section des vins de spécialité à la SAQ. Les rouges étasuniens et toscans occupent respectivement la deuxième et la troisième position.

8. Les blancs des États-Unis sont les plus populaires suivis par les blancs de Bourgogne.

9. En apéro, en cocktail ou en digestif, les Québécois boivent en moyenne 4 litres de spiritueux par année.

10. Les liqueurs arrivent en tête de liste des spiritueux les plus appréciés avec 23,5 % des ventes, suivies par la vodka (22,9 %), le rhum (18,3 %) et le whisky (12,7 %). À noter que le whisky, un des produits vedettes de La Grande Dégustation de Montréal, a connu une croissance de ses ventes de plus de 4 %. Cette tendance à propos des whiskies n’est pas étonnante. Particulièrement dans la tranche d’âge se situant entre vingt-cinq et trente-cinq ans, cette tendance à se tourner vers le whisky ressemble étrangement à ce que nous avons vécu il y a quelques années avec le Porto. Il y a cinq ou dix ans, les Québécois étaient les plus grands consommateurs de Porto, par personne, de la planète.

11. Les Québécois ont le sens de la fête et les bulles ont la cote lorsque vient le temps de célébrer ! En 2010, les ventes de vins effervescents ont atteint 4 611 200 bouteilles de 750 ml, totalisant, en valeur, 90 millions de dollars.

Source : Association québécoise des agences de vins, bières et spiritueux

Dégustés pour vous cette semaine :

I.G.T. Veneto, Corvina/merlot, Cormi, Zenato, 2008, Code SAQ : 11462083, Prix : 22,95 $

Voici mon vin coup de cœur de la semaine. Un nouveau produit de la maison Zenato à qui l’on doit entre autres le « Ripassa », un produit hautement prisé de la clientèle québécoise. Cet assemblage du cépage roi de la Vénétie et du merlot n’aura pas de difficulté à se faire des amis. À l’œil, il dévoile une robe de couleur rouge cerise moyennement profonde. Le nez est aromatique à souhait, marqué par des notes de fruits rouges et noirs confits, d'épices, de café, ainsi qu’en toile de fond, des nuances de sous-bois. La bouche est joufflue, sapide, avec des tannins souples, mais bien présents. Les saveurs détectées au nez reviennent nous charmer, particulièrement les nuances de baies des champs. Longue et savoureuse finale tout en fruits. Servez-le avec des farfalles aux tomates et saucisses italiennes douces ou avec un filet de veau aux champignons sauvages.

Cabernet sauvignon, Clos du bois, North Coast, Californie, 2008, Code SAQ : 397497, Prix : 19,95 $

Voici un cabernet sauvignon résolument californien, charmeur et un brin racoleur. Le style de produit qui n’a pas de mal à se rallier une vaste clientèle. Doté d’une robe dense et foncée, il dévoile au nez un bouquet aromatique, dominé par de notes bien appuyées de baies des champs confites, de bois, de vanille et de réglisse. La bouche est ample, sapide et texturée, avec des tannins bien constitués, ainsi qu’un côté satiné qui le rend très plaisant à boire. Les arômes déjà détectés au nez reviennent nous charmer pour notre plus grand plaisir. La finale est longue et soutenue. Une longe d’agneau aux champignons sauvages ou un filet d’épaule de bœuf au poivre long feront bon ménage avec ce vin au rapport qualité-prix indéniable.

Bairrada, Marques de Marialva Reserva, 2008, Portugal, Code SAQ : 626507, Prix : 11 $

Difficile de trouver mieux à ce prix, idéal pour les soirs de semaine. Sous une robe rubis moyennement profonde, se dévoile un bouquet moyennement aromatique, marqué par des nuances de fruits des champs, d’accents légèrement éthérés, d'épices et de sucre d'orge. La bouche est charnue, sapide et dotée d’une certaine souplesse. On y retrouve un bel équilibre et une agréable acidité. On retrouve les mêmes saveurs qu’à l’examen olfactif. Assez long et savoureux. J’avais dégusté ce vin au début de l’année 2011 et en quelques mois seulement, les tannins se sont passablement assouplis. Il sera le compagnon idéal des mets en sauces tels qu’un ragoût de bœuf au cari.

Valpolicella Superiore, Sartori, Italie, 2009, Code SAQ : 26021, Prix : 12,80 $

Voici un produit qui définit bien la notion de vin de semaine. Doté d’une couleur rubis moyennement profonde, on perçoit au nez des notes bien définies d'épices et de cerise macérées dans l'alcool. La bouche est charnue avec des tannins souples, mais présents. Les saveurs de fruits occupent la majeure partie du palais. Le tout dans une agréable harmonie. Somme toute assez simple, mais efficace. Accompagnera à merveille les plats de pâtes à la sauce tomate.

Merlot Jackson Triggs, Black series, Niagara, 2009, Code SAQ : 11462112, Prix : 14,95 $

Jackson-Triggs est certainement un des meilleurs représentant de la viticulture canadienne. Déjà à l’œil, sa robe dense et foncée nous interpelle. Le nez est aromatique, on reconnaît aisément les arômes typiques du merlot, à savoir des intonations de prune, de baies des champs et de café. Des notes de vanille témoignent d'un séjour en fût de chêne. La bouche est ample, avec des tannins bien présents, quoiqu'un peu verts. Aux saveurs déjà perçues au nez s'ajoutent des nuances de cuir. Agréable finale sapide révélant des flaveurs d'anis. Il sera à son aise en accompagnement de viandes rouges grillées.

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Jean-Louis Doucet
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