La chronique vinicole

Pour ou contre la notation des vins?

Le débat est courant chez les sommeliers et les professionnels du vin. Certains sont pour, d’autres sont contre, et rarement voit-on des personnes indifférentes à la question.

Certains de ceux qui s’y opposent affirment que le vin devrait être perçu comme une œuvre artistique et que par conséquent, on ne devrait pas y apposer de note puisque c’est une question de goûts personnels. D’autres, se situant entre les pour et les contre, préfèrent souvent le système des étoiles, plus suggestif. Ceux qui sont pour la notation des vins disent par contre qu’il s’agit d’une référence importante pour les consommateurs. Moi je dis qu’il s’agit d’un mal pour un bien. Car évidemment que c’est suggestif, évidemment qu’il s’agit d’une opinion personnelle, mais le consommateur lui, étant donné qu’il n’a pas de références, a besoin de ces notations qui le guident et l’aident dans ses choix.

Règle générale, les chroniqueurs en vins sont des professionnels et ont un sens de l’éthique qui les pousse à être le plus impartiaux possible. Personnellement, en tant que dégustateur, je suis à même de constater si un vin est bon ou non, ou s’il est représentatif de son appellation ou de son cépage et d’apposer une note tout en étant impartial, même s’il ne s’agit pas du type de vin que je préfère. Je ne suis pas toujours d’accord avec les notations de certains chroniqueurs et c’est tout à fait correct ainsi. Le plus important de toute façon, ce n’est pas la note que le chroniqueur lui appose, mais la description du produit comme telle. Le vin a beau avoir reçu une note de 92/100 par le Wine Spectator ou 4 étoiles sur cinq de la part de Jacques Benoît de La Presse par exemple, si dans la description du produit vous ne retrouvez pas le type de vin qui vous plaît, vous ne l’achèterez pas. C’est un peu comme pour un film. Si vous êtes un amateur de films d’action du genre bing bang boum, tout explose, vous n’irez pas voir un film de Bertrand Tavernier ou de Bergman même si l’œuvre en question a obtenu une note de quatre étoiles sur cinq.

Dans mon livre « Mon guide personnel de dégustation des vins », dans la fiche de dégustation que j’ai conçue, je propose les deux formules, la première qui permet de noter le vin sur 100 et la seconde qui permet d’évaluer le vin grâce à l’aide d’étoiles, sur une échelle d’un à cinq. Dans mon guide « Les meilleurs vins de 10 à 30 $ », j’utilise la seconde formule, plus directe et moins contraignante. Par contre, pour les présentes chroniques je préfère m’en tenir à une description qui met en lumière les caractéristiques de chacun des vins. Étant donné qu’il s’agit de suggestions et non de critiques en tant que telles, je me dis que la décision finale d’acheter le produit ou non relève de vous.

Suggestions de la semaine :

Cabernet/shiraz, Cliff 79, South Eastern Australia, Australie, Code SAQ : 11133036, Prix : 9,95 $

Rares sont les vins à moins de 10 $ qui sont dignes de mention, mais celui-ci m’a complètement séduit et c’est sans gêne que j’affirme qu’il s’agit de l’aubaine de l’année. Un produit non millésimé, donc issu de l’assemblage de plus d’une récolte et par conséquent, enfin je présume, une recette que le maître de chai tente de reproduire d'une fois à l'autre. Ce rouge dévoile des parfums assez expressifs de cerise noire, de moka et de petites baies des champs confites. On y perçoit également des nuances de poivre. En bouche, ce sont les épices et les saveurs de cerise qui prédominent et sont suivies par des effluves de bois pour se terminer sur des notes mentholées. Il accompagnera parfaitement les grillades sur le barbecue.

Merlot, Simi Winery, 2005, Sonoma County, États-Unis, Code SAQ : 1035482, Prix : 29,30 $

Un véritable coup de cœur que ce merlot joufflu, droit et au caractère assumé. Un bel exemple de la grande qualité viticole californienne. Affichant une robe dense et profonde, il offre au nez un bouquet intense d’où émanent des parfums de fruits noirs, d’épices, de chocolat et de cuir sur un fond boisé bien contrôlé. La bouche est le miroir du nez en termes de caractère organoleptique. La trame tannique repose sur de bonnes assises. À noter que le bois ne prend jamais le dessus sur le fruit, pour notre plus grand plaisir. Ce vin de plaisir conviendra parfaitement aux préparations à base d’agneau ou de gibiers à poils.

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Jean-Louis Doucet
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