La chronique vinicole

Les jeunes avant ou après les vieux?

L'un des débats les plus fréquents, que ce soit à table où lors d'une dégustation à la verticale (dégustation du vin sur plusieurs millésimes), est certainement de savoir s'il faut servir les vins les plus jeunes ou les plus vieux d'abord. Premièrement, il n'y a pas d'absolu et la règle du cas par cas s'applique. Par contre, on peut énoncer sans trop se tromper qu'il y a deux principes simples à retenir. Le premier : servir les vins souples, légers et fruités avant les vins amples et corsés. Cette réalité est d'autant plus vraie lors d'un repas. Le deuxième : le vin qui suit ne doit jamais faire regretter celui qui l'a précédé. C'est-à-dire, si vous servez votre meilleur vin en premier celui ou ceux qui suivront paraîtront moins bons. Règle générale, les vins plus vieux sont plus intéressants puisqu'ils ont acquis des propriétés au fil du temps. Par contre, leur structure est moins imposante, donc plus souple.

Comme vous voyez, le problème n'est pas si simple. Le conseil que je peux vous donner est celui-ci : pour une dégustation, si vous avez de gros écarts entre le plus vieux et le plus jeune millésime, vous pouvez commencer par le plus vieux et finir par le plus jeune. Cela vous permettra d'apprécier davantage chaque millésime. Vous pouvez inverser cet ordre si vous voulez et ce n'est pas une faute, seulement, si vous agissez ainsi il se peut que votre perception soit faussée.

Pour un repas, je conseille de faire vos choix de manière à respecter la règle du plus souple et fruité en premier au plus corsé et structuré en dernier tout en respectant la règle qui dit que le vin qui suit ne doit jamais faire regretter celui qui l'a précédé.

Les suggestions :

Cabernet sauvignon, El Toqui, Prestige, Valle de Cachapoal, Code SAQ :10694237 Prix : 19,80 $

Le Chili est un pays fantastique en matière de vins de bon goût et à petit prix. Celui-ci élaboré de cabernet sauvignon en est un bel exemple. Muni d'une couleur cerise noire très dense, il dévoile un bouquet expressif à l'intérieur duquel on distingue des odeurs de cassis et de mûre confite ainsi que des parfums rappelant le plant de tomate. On y retrouve aussi des nuances de chocolat. La bouche est ample et costaude avec des tannins fermes, mais sans lourdeur excessive. Les saveurs de chocolat et de fruits noirs confits dominent l'ensemble et nous entraînent vers une finale marquée par des flaveurs boisées. À boire avec des viandes rouges goûteuses comme de l'agneau, du bœuf cuit sur le gril ou du canard.

Pinot grigio, Beringer, California Collection, Code SAQ : 11133124 Prix : 11,95 $

Voici un vin fort amusant, sans prétention, et surtout franchement bon considérant son prix. Un brin charmeur, mais qui s'en plaindra. Sa robe est de couleur jaune paille avec des reflets dorés. Le nez est assez aromatique dominé par des parfums de miel, de pêche et d'ananas confit ainsi que des notes de poire et de citron. La bouche est tout en fruits, croustillante et enveloppante. Une légère perception de sucre résiduel est contrebalancée par une bonne acidité. Les saveurs de pêche et d'ananas dominent l'ensemble. Bon à l'apéritif, sur des mets asiatiques, des poissons à chair blanche ou rose, des salades ou du blanc de volaille. Servi un peu plus chambré (autour de 14 degrés). il se signalera devant une assiette de fromages.

 

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Jean-Louis Doucet
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