La chronique vinicole

Osoyoos Larose, un joyau de la viticulture canadienne

Pour Osoyoos Larose, l'aventure débute en 1998. Le groupe Taillan de Bordeaux et Vincor Canada s'associent afin de créer un vin de classe internationale élaboré à base de cépages traditionnels bordelais. L'union du savoir-faire acquis au cours des siècles par le groupe Taillan, à qui l'on doit entre autres le fameux Gruaud-Larose, un deuxième cru classé de Bordeaux, combiné aux équipements de vinification modernes et un emplacement idéal a jeté les bases d'un grand vin déjà promis à un grand avenir dès le premier millésime en 2001.

Dès sa naissance, Osoyoos Larose, Le Grand Vin, fit un malheur. Malgré la jeunesse des plants de vigne, le vin prend déjà des allures de grand vin et rivalise avec les meilleurs vins de la région. Le premier millésime est constitué de merlot (66 %), de cabernet sauvignon (25 %) et de cabernet franc (9 %). En 2002, le pourcentage de merlot baisse un peu (57 %) et on ajoute 12 % de malbec et 5 % de petit verdot. Si la recette diffère légèrement d'un millésime à l'autre, on observe tout de même une constance, à savoir que le merlot domine largement l'assemblage, suivi du cabernet sauvignon, alors que les cépages complémentaires représentent plus ou moins quinze pour cent de l'assemblage.

Jusqu'en 2006, le vin séjourne 16 mois en barrique de chêne, dont 60 % neufs et 40 % vieux d'un an. Les millésimes 2007 et 2008 ont subi, quant à eux, un élevage de 20 mois en barrique. Le séjour prolongé du vin en fût de chêne, contrairement à ce qu'on peut penser, atténuera le côté boisé, les arômes de bois neuf surtout et entraînera l'apparition de nuances de vanille, de caramel et de chocolat.

Depuis 2005, la maison nous présente un second vin, le Pétales d'Osoyoos. Élaboré dans la plus pure tradition bordelaise d'un second vin de château. Il bénéficie des mêmes soins que le premier vin et l'assemblage est similaire. Les meilleurs lots, ceux qui représentent un potentiel de garde plus élevé, possédant les tannins les plus intéressants, sont réservés pour le grand vin alors que ceux qui sont rejetés aboutissent dans le second. Le Pétales d'Osoyoos est donc un vin possédant des caractéristiques semblables au premier, en plus fruité et plus léger. Il possède aussi un potentiel de garde moins élevé.

Osoyoos Larose doit son nom au lac Osoyoos, situé dans le sud de la Vallée de l'Okanagan et à Gruaud-Larose, le grand vin du groupe Taillan. La région est considérée comme la plus chaude du Canada avec une moyenne de 24 °C en période estivale. Il s'agit de l'unique désert canadien. Les cultures sont assurées par une bonne irrigation.

J'ai eu la chance dernièrement de déguster les deux plus récents millésimes de ces deux produits. Voici mes observations :

Pétales d'Osoyoos, Okanagan Valley, 2010, Code SAQ : 11166495 (2009), Prix : 26,70 $

Affichant une robe rubis assez profonde, ce vin racé dévoile un nez aromatique, marqué par des notes de fumée, témoin d'un passage sous bois, de prune aussi, ainsi que des nuances de baies confites. Se greffent à l'ensemble, des notes de poivre, de vanille et de caramel. En bouche, il dévoile les caractéristiques typiques du merlot, à savoir des tannins suaves, mais présents et un côté fruité très agréable. Il peut rivaliser avec plusieurs seconds vins provenant des vieux pays sans rougir. Accompagnera à merveille un rôti de bœuf au jus ou un carré d'agneau vert pré.

Osoyoos Larose, Le Grand Vin, Okanagan Valley, 2008, Code SAQ : 10293169, Prix : 44,50 $

D'emblée, sa robe très foncée, dense et profonde, nous invite à plonger le nez dans la coupe. Son nez très typé merlot, avec des notes de réglisse noire, de prune et de fruits noirs nous charment dès que les premiers effluves parviennent à nos narines. Des nuances chocolatées suivent, ainsi que des accents de vanille et de caramel. La bouche est gourmande et sapide à souhait. La trame tannique est suave et bien constituée avec un grain fin et très agréable sous le palais. Les saveurs déjà détectées au nez reviennent nous charmer pour notre plus grand bonheur. Il mérite toutefois un vieillissement de quelques années afin de lui permettre de développer tout son bouquet. Une viande rouge grillée ou au four mettra en valeur ses multiples qualités gustatives.

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Jean-Louis Doucet
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