La chronique vinicole

Montréal passion vin

À Montréal, les 24 et 25 novembre 2006, s’est tenu un événement qui en était à sa cinquième édition : Montréal passion vin. Cette activité, au profit de la Fondation de l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont, au coût de 1 600 $ par personne pour les deux jours, se tenait à l’hôtel Hilton Bonaventure et réunissait des passionnés du vin, autant dans la salle que dans l’arrière-salle où plus d’une vingtaine de sommeliers ont eu la tâche délicate de s’assurer de la qualité des vins servis et d’en faire le service. C’est de ce côté, évidemment, que je me retrouvais et c’est de cet angle que je m’efforcerai dans les lignes qui suivent, de vous décrire l’ambiance qui régnait et aussi de vous donner mes impressions à propos des vins que nous avons eu l’honneur de servir.

Tout d’abord, je dois dire que j’en étais à ma première expérience à cet événement annuel et, je l’espère, pas à ma dernière. Plusieurs de ceux qui en étaient à leur deuxième expérience ou plus me disaient que les années précédentes étaient supérieures en qualité à celle-ci, mais je ne peux en témoigner puisque je n’y étais pas. Personnellement, je me suis amusé comme un gamin dans un parc d’attractions. J’ai la chance de m’émerveiller encore devant les prouesses de certains producteurs. Les attentes étaient grandes au départ. Les vins, sur papier, étaient tous grandioses, mais il y eut certaines déceptions, peu nombreuses toutefois.

Jour 1

Rien de mieux pour débuter un grand événement du genre, me direz-vous, que de faire éclater les bulles et c’est ce que les organisateurs ont fait. La journée du 24 a débuté avec une dégustation de Champagnes Pol Roger, la cuvée Sir Winston Churchill dans les millésimes 1996, 1995, 1993, 1990, 1988 et 1986, servis dans cet ordre. Tous, sauf le 1986 qui était dépassé (de l’aveu même de Christian Pol Roger), étaient impeccables. Le millésime 1988 fut mon préféré d’entre tous. Déjà, à l’œil, (bulles fines et couleur jaune or) il m’apparaissait évident qu’on avait affaire à un très grand vin. Encore plein de vitalité et de fraîcheur, ce 1988 était droit comme un chêne, avec des arômes complexes de pomme verte, de brioche et de noisettes. Des notes subtiles d’évolution, proche de l’oxydation, sont venues agrémenter ce qui précède pour donner à l’ensemble un tout harmonieux et complexe. La finale fut longue et persistante. J’en aurais demandé encore et encore. Brièvement, j’ai beaucoup aimé le millésime 1996 pour sa fraîcheur, son côté air de fête rempli d’arômes de brioche à la vanille et de pomme verte. Le 1995 m’a semblé un peu plat et manquer de structure vis-à-vis son jeune frère. Je dois dire par contre que cet avis n’était pas partagé par tous et que c’est juste une impression personnelle. Avec les millésimes 1993 et 1990 on a commencé à détecter des signes évidents d’évolution et une longueur en bouche qui s’étirait de plus en plus. Aussi, les arômes de noisette prenaient le dessus sur le fruit, ce qui n’était pas désagréable du tout. En ce qui concerne le millésime 1986, disons qu’il était fatigué et essoufflé. Comme l’a souligné Christian Pol Roger (conférencier invité), c’est un vin qui a des rides. Il fut tout de même agréable de vérifier comment a évolué un vin sur une aussi longue période.

Je n’étais pas présent pour le repas du midi, je n’ai donc pas eu l’occasion de goûter aux produits de Joseph Phelps (Ovation 2004, Cabernet-Sauvignon 2003, Insigna 2002 et 1996). Le service était assuré par les élèves en sommellerie de Monsieur Don Jean Léandri sous la supervision de sommeliers aguerris.

L’après-midi fut consacré à une verticale de Penfold’s Grange dans les millésimes 2001, 1994, 1991, 1990, 1987 et 1980, servis dans cet ordre. Tous les vins ont été passés en carafe et remis dans leurs bouteilles respectives sauf pour les trois derniers, faute de temps. Car il faut le dire, un changement de programme à la dernière minute a eu pour effet de créer un petit vent de panique, mais tout de même bien contrôlé par les professionnels du vin qui étaient présents pour veiller au service. C’est que, contrairement à ce qui était prévu, tous les vins ont dû être servis avant l’arrivée des convives dans la salle au lieu d’un à la suite de l’autre comme ce fut le cas l’avant-midi pour les champagnes. Nous avons donc dû accélérer et les convives n’y ont vu que du feu.

Je parlais de déceptions plus haut, en voici une de taille. Le Penfold’s Grange ne m’a pas, mais pas du tout impressionné. Ce qui me fait dire que la réputation de ce vin est totalement surfaite. Les millésimes 1991 et 1990 sont ceux que j’ai le plus appréciés même s’ils ne m’ont pas transporté. C’est qu’il y avait quelque chose de pas net, de pas clair dans ces produits. Quelque chose qui me fait douter et qui m’ébranle. Est-ce un ajout de tannins, certains ont évoqué l’osmose inverse pour aller chercher plus de concentration, je ne le sais pas, mais ce gros vin pesant est tout sauf un vin de finesse. Ce que j’aime d’abord et avant tout et ce que je recherche dans un vin c’est sa netteté. Ce que je déteste par-dessus tout dans certains vins est ce côté trafiqué et c’est justement l’impression que m’a laissée le Penfold’s Grange. C’est un vin à concours qui se démarque par sa concentration à un point tel que les autres qui suivent ne goûtent plus rien. Si au moins, au fil des millésimes, les vins avaient gagné en complexité, mais non… décevant et je n’en parlerai pas plus.

La dégustation du soir, une verticale du Château Ausone 2002, 2001, 1998, 1996, 1995, 1982, a donné lieu à des commentaires divers. Certains de mes collègues ont adoré, d’autres sont restés tièdes, trouvant surtout que le prix n’en valait pas la chandelle. Personnellement, devant un monstre sacré de cette envergure, je suis resté bien calmement dans ma bulle et j’ai apprécié chaque moment. Le millésime 2002 était le plus juteux d’entre tous. J’ai même eu l’impression qu’il pouvait s’apprécier dès maintenant, après un bon coup de carafe par contre, histoire d’assouplir ses tannins. On a affaire à un vin sombre et profond avec des reflets violacés. Au nez, on dénote des arômes de café torréfié, de cassis, de mûres et de prune. La bouche est dominée par le fruit et la finale est longue et persistante. En version 2001, on retrouve à peu de choses près les mêmes caractéristiques, avec des notes animales en plus. Ceci dit, il m’a semblé que le vin devait bénéficier d’un vieillissement de quelques années encore avant d’être apprécié à sa juste valeur. Le millésime 1998 fut le plus astringent du lot et celui qui m’a le moins plu, mais ici tout est une question de perspective, car ne l’oublions pas, nous avons affaire à du grand jus. J’ai dénoté une forte présence de cuir et de torréfaction et une belle longueur en bouche dans ce 1998. Les cuvées 1996 et 1995 ont reçu tous les deux ma meilleure note avec une légère préférence pour le premier des deux. Juteux, joufflu, avec des arômes de cuir, de café et de cacao, le 1996 m’a tout à fait séduit par son ampleur et la souplesse de ses tannins. Dans le millésime 1995 on pouvait discerner une légère coloration tuilée sur les bords. Comme le 1996, il est prêt à boire, mais un passage en carafe ne lui fera pas de tort. Mais c’est certainement le millésime 1982 qui a fait le plus parlé de lui en cette première journée. Un vieux vin comme celui-là, qui a gagné en complexité avec le temps et qui a développé des caractères évolués, comme le bourgeon de cassis, le cèdre, les fruits confits, l’anis et l’estragon, ne s’apprécie pas de la même manière qu’un vin jeune et juteux comme le 2002 par exemple. On peut facilement conclure que le vin est dépassé, alors qu’il ne l’est pas du tout. Nous avions affaire à un vin tout à fait accompli qui a tenu la route jusque-là en recueillant au passage quelques rides, mais qui à mon avis n’ont fait que l’embellir davantage.

En résumé, cette première journée nous a fourni plusieurs sujets de discussion, sans toutefois nous donner les frissons attendus, mais nous ne perdions rien pour attendre.

Jour 2

La deuxième journée commença en lion. Les Bâtard-Montrachet 2004, 2003, 2002 de Jean-Noël Gagnard nous ont transportés tout près du ciel et les Montrachet 2002, 1999, 1993 du Domaine Jacques Prieur nous a ouvert carrément les portes du paradis. J’avais personnellement beaucoup d’attentes envers cette portion de l’événement et pour tout dire, elle a comblé mes attentes. Commençons par les Bâtard-Montrachet de Jean-Noël Gagnard et par le millésime 2004. L’œil dévoile une belle robe jaune or sur des reflets verts. Le nez s’ouvre sur des notes de pomme verte, de beurre frais et de vanille. La bouche est croquante, enveloppante et juteuse suivie d’une belle longueur. Le 2003 fut encore plus savoureux. Les notes de fruits et de beurre frais s’accompagnaient de notes de noisette et de brioche. Et que dire du millésime 2002. Ce vin issu d’un grand millésime en Bourgogne (c’est encore plus vrai pour les blancs) nous a offert un bouquet riche, savoureux, complexe et harmonieux autant au nez qu’en bouche. Encore plus brioché que ceux qui l’ont précédé, le vin nous dévoile aussi des notes minérales et de fruits bien mûrs. La finale qui s’étire sur plusieurs secondes est douce, onctueuse et enveloppante.

Sans rien enlever aux vins de Jean-Noël Gagnard, disons que ceux-ci ont servi de mise en bouche pour ce qui devait suivre et quelle suite ce fut. En fait, j’ai eu l’impression d’assister à une symphonie en trois temps. Avec la réputation, autant de l’appellation, considérée par plusieurs comme le plus grand vin sec de la planète, que celle du Domaine Jacques Prieur, qui fut nommé Domaine de l’année en 2003 par les sommeliers du guide Fleurus (entre autres distinctions), disons que je m’attendais à ni plus ni moins que du très grand jus. Lorsqu’on a des attentes de la sorte, généralement, on est déçu, mais pas cette fois. Déjà, avec le millésime 2002, je savais que nous avions affaire à des vins d’exception. À l’œil, sa belle robe dorée fait saliver d’envie. Le nez est puissant avec des notes de vanille, de caramel anglais, de beurre grillé, de pain brioché, d’amande fraîche et de pomme verte. Le tout agrémenté d’une touche minérale et d’une subtile présence de bois. Aucun des éléments ne prend le devant ou le dessus sur les autres, tout est bien intégré. Ici, on sent que rien n’est une question de hasard et que la main humaine, dans ce cas-ci une main de femme et quelle femme, Madame Nadine Gublin (élue œnologue de l’année en 1997 par la revue Vin de France) a son importance. Je n’ai pas plongé mes lèvres dans le verre que déjà je suis conquis. En bouche, l’attaque est franche, enveloppante, onctueuse et fraîche. L’équilibre en bouche est un modèle de perfection, rien de moins. J’ai été étonné par la finesse, la précision, la délicatesse, la rondeur, la symétrie de ce grand vin et de plus, la finale est interminablement savoureuse. Après ce grand moment, je me suis demandé s’il était possible de faire mieux, de s’élever au-dessus de la perfection… il faut croire que oui! Je déguste des vins depuis plus de vingt-cinq ans. J’ai déjà goûté aux Pétrus, Lafite Rothschild, Château d’Yquem, etc., et ce Montrachet Domaine Jacques Prieur 1999 fut en ce qui me concerne le plus grand moment de dégustation qu’il m’ait été donné de vivre. Tout ce que j’ai dit à propos du millésime 2002 se retrouve dans ce 1999 en plus fin, plus complexe et plus ciselé. La robe est brillante et dorée. Au nez, les notes de noisette et d’évolution sont davantage mises en évidence et le fruité est moins croquant et plus confit. La bouche allie puissance, souplesse et volupté. La finale en queue de paon est savoureuse et interminable. Les arômes enveloppent la bouche d’une couche onctueuse. On a affaire ici à un vin racé et accompli, un vin qui a une âme et qui vieillira encore des années. Je ne sais pas si j’ai goûté à ce vin alors qu’il est à son summum, mais j’ai de la difficulté à imaginer qu’un vin soit meilleur que ça. Avec le millésime 1993 nous avons eu l’honneur et la chance de goûter à un grand vin, encore très en forme, mais qui commence à donner des signes d’essoufflement. Les notes évoluées, légèrement oxydées, d’amande, de beurre et de vanille se succèdent au nez et la bouche est ample. C’est un très grand vin, mais dégusté après le 1999 il fut, à mon avis, déclassé par ce dernier. Mais c’est peut-être mieux ainsi. L’euphorie ne peut durer qu’un temps sinon la folie nous guette.

J’étais absent au repas du midi qui de l’avis de plusieurs a donné lieu à de beaux moments avec les vins du Domaine Castello del Terriccio. La maison toscane a offert les Con Vento 2005, Lupicaia 2001, 2000 et 1999.

En après-midi, nous avons pu déguster trois millésimes du Pomerol Vieux Château Certan (2001, 2000 et 1998). Je dois avouer dans un premier temps que le peu de différences entre les millésimes ne nous a pas permis de vérifier d’évolution du vin à travers les années, chose que j’aurais aimé savoir. De plus, les millésimes choisis étaient tous trop jeunes pour nous donner une véritable impression de la valeur de ce vin de très grande classe. Par contre, les millésimes 2000 et 2001 se sont légèrement démarqués par rapport au 1998. N’y voyez pas ici une déception de ma part et il m’apparaît évident d’ajouter et de souligner que nous étions en présence de très grands vins, racés, élégants qui allient puissance et finesse. Les trois millésimes offrent une robe limpide et brillante. Les notes de cuir, de prune, de poivron vert et de fruits noirs se succèdent au nez. La bouche est puissante, mais sans excès et on dénote un bel équilibre entre le fruité du vin et les notes animales. Une finale longue et persistante, dominée par le côté grillé de l’ensemble, vient couronner le tout.

La suite de cette dégustation mettait à l’honneur le Saint-Julien Château Gruaud-Larose avec les millésimes 2000, 1996 et 1990. Je classerai cette dégustation au deuxième rang en terme de qualité et de satisfaction personnelle, après celles des Montrachet du Domaine Jacques Prieur, de ces deux journées fertiles en émotions. L’appellation Saint-Julien est à mon avis la quintessence du Bordelais. C’est d’ailleurs sur cette petite appellation communale que nous retrouvons la plus grande concentration de crus classés du Médoc. Cette appellation allie la puissance des Saint-Esthèphe ainsi que la souplesse et l’élégance des Margaux. Le millésime 2000 nous offre un produit droit, tout en équilibre et sans aspérité malgré son jeune âge. À l’œil, on y perçoit une robe foncée, profonde et limpide. Le nez explose sur des arômes fruités, bien mûrs. Le cassis, la prune et la mûre côtoient les arômes de violettes et de cuir. En bouche, malgré des tannins serrés qu’on excuse par la trop grande jeunesse du produit, on reconnaît ici la richesse et la qualité du millésime. Les saveurs fruitées dominent, tout en laissant une place de choix au cuir et à un boisé subtil, mais efficace. La finale nous laisse présager une longue vie à ce vin riche et élégant. En version 1996, ce deuxième cru classé du Médoc nous propose un ensemble beaucoup plus accompli et prêt à boire. Mais il n’est pas encore rendu à son plein potentiel pour autant et il faudra attendre encore quelques années pour qu’il le soit. La robe commence à peine à dévoiler ses premiers reflets orangers, signe qu’il supportera un vieillissement prolongé. Le nez nous offre un bouquet complexe alliant la prune, le poivron vert grillé, le cuir avec des touches de truffe noire. En bouche, le vin est charnu, charpenté, élégant et équilibré. Les tannins sont bien présents, sans aspérité, mais encore fringants. La fin de bouche est dominée par le poivron vert grillé et la truffe. La finale s’étire sur plusieurs caudalies. Le millésime 1990 m’a fait frissonner et a comblé mes attentes à propos de celui-ci. Sa couleur pourpre accompagnée de reflets orangés nous laisse percevoir que le vin n’en est pas à ses premières années en bouteille. Le nez nous révéle un bouquet somptueux, complexe et explosif. On y retrouve un délicieux cocktail d’arômes alliant le poivron vert, la réglisse, le cassis, le bourgeon de cassis et les fruits confits qui rappellent l’abricot et l’écorce d’orange. La bouche est structurée, les tannins sont soyeux, mais présents. En attaque, les arômes de fruits noirs se révélent en premier alors que la finale est plus sur des saveurs évoquant la truffe noire et le cuir. La persistance aromatique se compte en dizaine de caudalies. Un véritable bijou, un vin de méditation que ce Gruaud-Larose 1990. Un autre grand moment de dégustation.

L’événement connut un couronnement extraordinaire lors d’un dîner gastronomique au cours duquel la Bourgogne et les produits de Louis Jadot étaient à l’honneur. Lors de ce dîner les élèves de Don Jean Léandri se sont joints aux sommeliers aguerris pour faire le service. En levée de rideau, le Champagne Brut de Pol Roger fut tout à fait à sa place à l’apéritif. Cette cuvée d’entrée de gamme de cette maison champenoise prestigieuse offre des bulles fines, des notes joyeusement briochées et florales. Avec le pétoncle à l’unilatérale, flan de porcelet rôti aux fruits de la passion, nous avons servi le Meursault Les Genevrières 1er cru 2003 de Louis Jadot. Ce vin très charmeur m’a paru très typé nouveau monde ce qui m’a fait dire que si ce vin avait été dégusté à l’anonyme je me serais orienté vers la Californie ou l’Australie à cause de ses arômes bonbon anglais très prononcés. Le vin est joli, certes, goulu, plein de charme et facile à boire, mais il m’a semblé manquer de finesse et de minéralité. Un beau vin tout de même qui fut très apprécié par les convives. Le vin suivant, Criots-Bâtard Montrachet, grand cru, 2001 de Louis Jadot, servi en intermède, m’a réjoui par la finesse de ses arômes et sa grande souplesse en bouche. Un seul bémol, j’ai trouvé la finale un peu courte pour un vin de cette classe. Le plat suivant, un Tataki de thon Yellowfin en croûte d’épices, riz sauvage à l’huile de noix de foie gras au torchon, fut servi avec le Corton-Pougets, grand cru, 1999 de Louis Jadot. Ce vin issu d’une très petite parcelle m’a réjoui au plus haut point. Tout ce que j’aime dans un bon Pinot noir s’y trouvait. C’est un vin à la robe sombre avec des arômes de kirsch, de champignon sauvage et quelque peu viandés. La finale est longue et persistante. Le Nuits St-Georges Les Boudots 1er cru accompagnait une Macreuse de bœuf Angus rôtie, chou farci, gratin de topinambours, sauce au vin rouge. C’est un vin sombre, musclé muni d’un riche bouquet d’arômes mêlant le sous-bois, le cuir, la brioche à la cannelle et le pain d’épices. Plus tard, nous avons servi le Clos de Vougeot grand cru 1990 de Louis Jadot. Visiblement, nous avions affaire à un vin fragile, sur le déclin et très différent d’une bouteille à l’autre. La robe est tuilée, les arômes sont évolués et il est pourvu d’une bonne trame tannique. J’ai goûté à quatre exemplaires différents de ce Clos de Vougeot et à chaque fois le vin avait des caractères distincts.

Voilà qui clôt cet événement magnifique. J’espère, dans les lignes qui précèdent, avoir été en mesure de vous faire vivre une partie de l’expérience que j’ai vécue. Il n’y a rien cependant comme le vivre pour le savoir. J’en entends dire que j’ai été chanceux et j’avoue que je l’ai été. J’ai été chanceux et honoré surtout d’avoir partagé cette expérience avec des gens extraordinaires. Des passionnés de vins et de grands professionnels de la sommellerie. En terminant, je m’en voudrais de ne pas souligner et remercier surtout le travail formidable des chefs d’orchestre Don Jean Léandri (un grand homme de la sommellerie) et Ghislain Caron et aussi le travail remarquable de Benoît Lecavalier qui a veillé sur les vins comme un curé veille sur ses ouailles.

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Jean-Louis Doucet
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